

La pratique du tatouage implique une effraction de la peau, laquelle pourrait constituer une porte d'entrée pour plusieurs agents infectieux au moment de l'acte et ainsi que pendant la cicatrisation. Les données scientifiques connues à ce propos restent rares et le risque de transmission est mal évalué pour l'hépatite B, l'hépatite C et pour le virus du sida. Plusieurs dermatologues français vient de rapporter 8 cas de patients montrant une infection cutanée engendrée par les tatouages artistiques. Ces personnes, traitées par le même artiste à la fin 2004 et au début 2005, ont développé une dermatose pustuleuse localisée sur les zones grises ou noires de leur tatouage. L?aspect de la lésion a fait évoquer une infection par des mycobactéries, sans pour autant qu'on ait pu reconnaître ces germes à l'examen microscopique. L?identification de la mycobactérie dans l?encre utilisée au moment des tatouages confirme la transmission de ce microbe. La prolifération de cette bactérie était possible grâce à la présence de l?eau utilisée dans la dilution du produit qui sert aux tatouages.
Les mycobactéries sont des microbes qui se développent lentement et donnent des signes révélateurs peu marqués. Elles peuvent toutefois être responsables d'infections graves comme la lèpre ou la tuberculose.
Dr Rachid Benabdillah
Kulgger N et coll. Atypical mycobacteria infection following tattooing : review of an outbreak in 8 patients in French tattoo parlor. Arch Dermatol 2008; 144: 941-2