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News publiée le 25/04/2008

infarctus, coeur, problème, cardiaque, diffu-sciences

Un nouveau venu dans l?infarctus ?

Selon une récente étude, avoir un animal de compagnie pourrait être bénéfique en diminuant la sensibilité aux allergies respiratoires.

On n'arrête pas de découvrir de nouvelles hormones sécrétées par le tissu adipeux. Il y a quelques années, celle que l'on trouvait ainsi a été appelée résistine parce qu'elle favorisait la résistance à l'insuline, ce qui est un état connu comme précédant l'apparition du diabète. Or, plus il y a de tissu graisseux dans l'organisme, plus il produit de résistine. On pensait donc qu?il y avait là une explication possible au diabète de type 2, qui se rencontre chez l'adulte d'âge moyen en surpoids ou obèse. Dans le passé, on appelait d'ailleurs ce diabète le diabète gras. C?était trop simple. En fait, l'hormone en question avait été découverte chez l'animal. Les chercheurs avaient aussitôt tenté de la retrouver chez l'homme et en ont en effet détecté mais les quantités trouvées avaient été jugées trop faibles pour entraîner un effet de résistance à l'insuline chez l'animal à deux pattes que nous sommes.

Un retour en force?

Voilà maintenant que cette résistine revient au galop avec une étude réalisée par une équipe allemande conduite par C Weikert. Ces chercheurs ont étudié le taux de résistine chez plus de 26.000 personnes d'âge moyen. Ils les ont ensuite suivies pendant sic ans et ont enregistré tous les cas d?infarctus du myocarde et d'accident vasculaire cérébral ischémique (celui qui est dû à une thrombose cérébrale) survenant pendant la période de suivi. Il y a eu à déplorer 139 cas d?infarctus et 97 attaques cérébrales. Weikert et son équipe ont alors recherché mathématiquement une corrélation entre ces deux acccidents graves de santé, en tenant compte des autres facteurs de risque tels que le tabagisme, l'excès de cholestérol, la consommation d'alcool, etc, afin que ces facteurs n?introduisent pas de biais dans les calculs, ce qui aurait conduit à des conclusions erronées. Ils ont effectivement trouvé une augmentation du risque d'infarctus chez les personnes qui avaient le taux de résistine le plus élevé du groupe étudié, par rapport à celles qui avaient les taux les plus bas. Mais cette relation n'existe pas pour l?attaque cérébrale.

Affaire à suivre

Ces résultats vont dans le même sens que ce qu'avaient déjà suggéré d'autres études. On savait que tous les facteurs de risque d'infarctus du myocarde ne sont pas encore connus parce qu?il survient parfois chez des personnes qui ne sont pas porteuses de ceux que l'on connaît déjà ou pas à un niveau estimé suffisant d?après les connaissances actuelles. Aurait-on découvert là un de ces facteurs de risque inconnus ? Il est trop tôt pour le dire et on est pour l'instant limité au constat, sans en comprendre clairement la signification médicale. Au lieu d'être un facteur de risque indépendant un taux élevé de résistine pourrait très bien n?être que la conséquence d?un autre facteur de risque, bien connu celui-là, qui est le surpoids. Il faudra réaliser d'autres études pour le savoir. Et s'il s'avère que c'est bien un facteur de risque indépendant, il faudra encore aller plus loin pour savoir quelle est sa valeur prédictive, c'est- à- jusqu'à quel point il permet d'estimer le niveau de risque.

Dr Sophie Florence (Paris)
J Endocr Métabol 2008 ; 93 : 2647-53.


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