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News publiée le 21/08/2008

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Danger du tabac pour les fonctions cérébrales

Fumer à la quarantaine est associé à un risque plus élevé de troubles de la mémoire et du raisonnement. Les anciens fumeurs, ayant arrêté depuis plus de 15 ans, sont moins atteints. L?arrêt du tabac s?accompagne d?une amélioration des autres comportements de santé. Les Archives of Internal Medicine publient, sous la direction du Dr Singh-Manoux de l?Unité 687 de l?Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), les résultats d?une étude prospective étudiant le lien entre l?histoire tabagique et les troubles des fonctions cognitives chez des personnes d?âge moyen.

Le lien entre tabac et démence est probable mais discuté. Il est difficile à établir notamment en raison du nombre important de perdus de vue et de la mortalité prématurée due au tabac avant le diagnostic de démence. En revanche, le lien entre la présence de troubles cognitifs et le diagnostic plus tardif de démence est bien démontré. Ainsi, le but de cette étude est de rechercher si des troubles cognitifs sont présents chez les fumeurs dès la quarantaine. Les données proviennent de la cohorte Whitehall II Study. Environ 5 000 fonctionnaires, âgés de 35 à 55 ans entre 1985 et 1988, ont été suivis jusqu?en 2004. Leur histoire tabagique était évaluée à l?inclusion et entre 1997 et 1999. Les fonctions cognitives étaient mesurées à l?aide de tests étudiant la mémoire, la fluence verbale, le vocabulaire et le raisonnement entre 1997 et 1999 et entre 2002 et 2004. Les fumeurs à l?inclusion ont un risque plus important de décès et de non participation aux tests cognitifs, ce qui tend à sous-estimer les associations retrouvées. En ajustant sur l?âge et le sexe, les fumeurs comparés aux personnes n?ayant jamais fumé ont un risque accru de mauvaise performance aux tests cognitifs. Ajusté sur de nombreuses variables, ce risque persiste pour les troubles de mémoire.

Les anciens fumeurs, qui ont arrêté depuis plus de 15 ans, ont un risque de troubles cognitifs plus faible. Cela est vraisemblablement dû au fait que l?arrêt de tabac entraîne des améliorations des autres comportements de santé. Les anciens fumeurs boivent moins d?alcool et consomment plus de fruits et légumes. Les résultats retrouvés sont cohérents avec les précédentes études. L?association retrouvée est expliquée par le fait que le tabac est pourvoyeur d?athérosclérose, qui est un facteur de risque de troubles cognitifs. D?autres études doivent rechercher l?âge à partir duquel fumer provoque des troubles de mémoire et mettre en évidence la limite entre les anciens et les récents fumeurs. Les messages de santé publique sur les risques du tabac doivent continuer à cibler les fumeurs à tous les âges.

Dr Sophie Florence (Paris)
Sabia S, Marmot M, Singh-Manoux A et al.
Smoking History and Cognitive Function in Middle Age From the WhiteHall II Study
Arch Intern Med. 2008 Jun 9;168(11):1165-73


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