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News publiée le 19/08/2008

coeur, pessimiste, diffu-sciences

Le pessimisme est mauvais pour le coeur

Une étude faite à Londres trouve un plus grand risque d'affection coronaire chez les personnes les plus « négatives ».

Le bon sens le disait depuis longtemps mais il fallait le prouver et c'est maintenant chose presque faite : les personnes aux pensées très négatives font plus d'infarctus que celles qui voient toujours le côté positif des choses. C'est en tout cas la conclusion d'une vaste étude menée pendant douze ans à Londres auprès de 10308 fonctionnaires britanniques par H. Nabi et son équipe. Ces fonctionnaires avaient entre 35 et 55 ans lorsqu'ils sont entrés dans l'étude. Ils ont été suivis tout au long de ces années pour connaître la fréquence de l'angine de poitrine et celle des infarctus mortels et non mortels qui survenaient parmi eux. Leur âge, leur sexe, leur ethnie, leur statut socio-économique ont été enregistrés. Leur vision de la vie (« positive affect » ou « negative affect ») et la balance entre pensées positives et pensées négatives a été estimée. Ces données ont été confrontées les unes aux autres. Au premier abord, en considérant globalement le groupe, les auteurs n'ont pas trouvé de différence entre les « optimistes » et les « pessimistes » dans la fréquence des problèmes cardiaques. Ils n'en ont pas trouvé non plus en tenant compte du tabagisme, de la consommation d'alcool, des habitudes alimentaires et de toute une série d'autres facteurs de risque ou de protection connus. Mais en isolant le groupe des personnes les plus « négatives », ils ont trouvé chez elles une fréquence nettement plus élevée d'affections coronaires que chez les autres : le risque était 30% plus élevé. Et cette fois, même en corrigeant pour les autres facteurs de risque, rien ne changeait. Mais attention, les auteurs insistent : rien ne leur permet de dire que le contraire est vrai et que l'optimisme a une valeur pronostique qui donnerait une espèce d' « assurance » contre l'infarctus. Bien entendu, d'autres études doivent encore venir confirmer celle-ci. N'empêche, la vie est plus belle quand on la voit en rose.

Dr Rachid Benabdillah
BMJ, 2008; 337: a118.


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