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News publiée le 14/07/2008

Grossesse, ventre, déni, diffu-sciences

Le déni de grossesse

Les cas d'infanticides constatés dans les heures qui suivent la naissance pourraient bien découler d'un trouble psychiatrique. Toutefois, ils n'en seraient que l'aboutissement le plus tragique.

Il y a quelques mois, en Savoie, un homme découvrait les cadavres de trois bébés au domicile de son ex-compagne. Celle-ci lui aurait caché ses grossesses, dont elle aurait accouché chez elle dans la plus grande discrétion et elle aurait étouffé les nouveau-nés avant de les placer au congélateur. Macabre. Et ce n'est pas la première fois qu'une telle histoire fait la une des journaux. Ce genre de comportement pourrait résulter d'un déni de grossesse, un trouble psychiatrique. En France, on estime qu'il y a environ un millier de cas de déni de grossesse par an. En Belgique on ne dispose pas de chiffres.

« Je ne savais pas que j'étais enceinte »

On parle de déni de grossesse lorsqu'une femme est enceinte sans en avoir conscience. Ce déni peut s'accompagner d'une véritable absence physique des signes de grossesse: la femme présente des saignements génitaux, elle ne prend pas ou très peu de ventre... Même l'entourage n'y voit que du feu. Ce phénomène peut toucher les femmes qui n'ont jamais eu d'enfants comme celles qui en ont déjà. Le déni peut être partiel et prendre fin avant le terme de la grossesse, ou il peut être total. Dans ce dernier cas, ce n'est qu'au moment de l'accouchement que la femme se rend compte qu'elle était enceinte. C'est dans de telles circonstances que l'on risque de constater des infanticides. Toutefois, il n'y aurait qu'une proportion assez faible de crimes de ce genre par rapport au nombre total de cas de déni de grossesse. En France, sur plus de 1000 cas de déni de grossesse pas an, seuls une vingtaine se solderaient par le décès du nourrisson. Bien entendu, ce sont vingt de trop. Et bien souvent, on n'arrive pas à déterminer la cause du décès: mort à la naissance, mort par manque de soins ou infanticide.

Un problème de santé publique

L'association pour la reconnaissance du déni de grossesse, comme son nom l'indique, travaille à mieux faire connaître ce problème aux autorités pour que cela soit considéré comme un problème de santé publique plutôt que comme un fait divers. Dans les cas d'infanticide, ou de néonaticide plus précisément, puisque la mort survient dans les heures qui suivent la naissance, le comportement de la mère peut s'expliquer par le fait qu'elle est encore dans le déni et ne perçoit donc pas la réalité de la situation. Et comme elle n'a pas eu le temps de s'attacher à l'enfant, qu'elle ne le considère pas comme une personne à part entière, l'oubli de cet acte est plus facile. Mais des situations montrent bien que ce comportement ne ressort pas du domaine du rationnel, puisque bien souvent les mères ne cherchent pas à se débarrasser du corps « proprement », mais le cachent parfois dans un endroit de la maison ou... dans le congélateur. Selon les experts, ces cas extrêmes traduisent un profond trouble de la personnalité, alliant une négation du corps et une importante immaturité psycho-affective.

Dr Rachid Benabdillah
Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse:
http://www.afrdg.info


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