La News

News publiée le 18/06/2008

Europe, tension artérielle, diffu-sciences

La tension artérielle n'est plus ce qu'elle était

Au Congrès de la société Européenne de l'Hyertension, on s'intéresse beaucoup à une nouvelle dimension de la « tension artérielle », celle de sa variabilité.

Il y a plusieurs manières de mesurer la tension artérielle, que l'on préfère d'ailleurs aujourd'hui appeler pression sanguine. Chacun connaît la manière classique : le médecin passe un brassard autour du bras et le gonfle, puis le dégonfle en écoutant les bruits du sang qui passe. A côté de cela, il existe depuis pas mal d'années déjà des appareils que l'on porte sur soi pendant 24 heures et qui, toutes les vingt minutes en général, gonflent automatiquement le brassard et enregistrent eux-mêmes la pression sanguine. On obtient ainsi un véritable profil de l'évolution de la pression sanguine tout au long de la journée et de la nuit. C'est ce que l'on appelle la pression ambulatoire, parce qu'on peut se promener et s'occuper de ses activités quotidiennes pendant que cet appareil enregistre régulièrement notre pression sanguine. Enfin, d'autres appareils sont apparus plus récemment encore et permettent à chacun de mesurer soi-même sa propre pression sanguine. C'est ce qu'on appelle la pression « à domicile ».

Des surprises

Les chiffres que l'on obtient ne sont pas les mêmes dans ces trois manières de mesurer la pression sanguine. La pression mesurée par le médecin est souvent un peu plus haute que celle Cela s'explique par l'effet un peu stressant de la présence du médecin et l'inquiétude que l'on ressent devant la possibilité d'un diagnostic peu agréable à entendre. Mais la surprise est venue il y a quelques années déjà, quand on a commencé à avoir des enregistrements continus grâce à la mesure ambulatoire : la pression sanguine n'est pas constante tout au long de la journée, loin de là. On comprend qu'elle soit influencée par certaines de nos activités, les unes demandant un effort, les autres pas. On comprend aisément aussi qu'elle soit modifiée par ne nos états d'âme : la colère la fait monter par exemple. Mais même en tenant compte de cela, nous avons une chute nocturne et une hausse matinale de notre pression sanguine.

Plongeurs et non-plongeurs

Aujourd'hui, on est encore plus loin : on sait par exemple, que certaines personnes ne présentent pas de chute nocturne de leur pression sanguine ou que cette chute est trop modeste. On parle de « non-plongeurs », les « plongeurs » étant les autres, ceux qui présentent une diminution nocturne normale de leur pression sanguine. Les études ont montré que les « non-plongeurs » sont plus à risque que les autres de développer des affections cardiaques. Le congrès Annuel de la société Européenne de l'Hypertension, qui se déroule actuellement à Berlin et réunit 8.000 spécialistes du monde entier, étudie également un autre aspect, celui des variations excessives de la pression sanguine : on s'aperçoit que les personnes qui ont de trop grandes variations sont, elles aussi, à risque. Pour un même niveau de pression sanguine, la personne dont les variations sont d'amplitude trop forte ou dont le rythme des variations est inadéquat, abîment plus rapidement leurs organes (le coeur et le rein surtout) que les autres. Voilà donc qu'on est en train de passer d'une notion statique, celle de qu'on appelait anciennement la tension pression artérielle, à une notion dynamique, celle de la pression sanguine et de sa variabilité. Cela va sans nul doute déboucher sur de nouvelles manières de diagnostiquer et de gérer l'hypertension artérielle.

Dr Rachid Benabdillah
-


Pour vous inscrire à la Newsletter, veuillez simplement enter votre adresse mail ci-dessous et cliquez sur "envoyer".




Partenaires

ligue_cardiologique_belge