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News publiée le 09/09/2008

Migraine, système nerveux, diffu-sciences

Bientôt du nouveau pour certaines migraines ?

La découverte du rôle probable d'hormones appelées orexines ouvre de nouvelles voies de recherche dans le traitement de certains maux de tête.

On découvre avec une fréquence inouïe de nouvelles substances qui interviennent dans le fonctionnement de l'organisme. C'est ainsi qu'il y a une dizaine d'années déjà, on a mis en évidence l'existence de peptides fabriqués uniquement par les neurones de l'hypothalamus, les hypocrétines 1 et 2 (ou orexines A et B, du grec orexis pour appétit). Les neurones qui les fabriquent envoient des prolongements multiples dans le système nerveux central en particulier sur les structures du tronc cérébral. Les hypocrétines sont impliquées dans l'état d'éveil et dans la régulation de l'appétit. Leur implication dans la survenue de la crise de narcolepsie est également à ce jour bien établie. La narcolepsie est une affection rare dans laquelle les patients s'endorment subitement, n'importe où et n'importe quand.

Un rôle inattendu

Le rôle des hypocrétines chez l'homme et plus particulièrement dans certaines céphalées (maux de tête) comme les névralgies du trijumeau, est de découverte plus récente. Pour en savoir plus, des chercheurs ont réalisé une méta-analyse (593 cas et 599 témoins) pour valider l'association éventuelle entre algie (douleur) vasculaire de la face et un gène particulier, le gène HCRTR2, celui d'un récepteur des hypocrétines. On a retrouvé des variantes de ce gène et l'une d'entre elles pourrait bien conditionner la réponse au traitement des patients souffrant de cette forme particulière de douleur..

Récemment, un dosage de l'hypocrétine 1 a été réalisé dans le liquide céphalo-rachidien de patients migraineux présentant une céphalée avec abus médicamenteux et a été retrouvé élevé. Ce taux élevé pourrait interprêté comme une réponse de l'hypothalamus au stress lié à la douleur chronique. Par ailleurs, on sait que la sévérité des crises et leur fréquence est en rapport avec l'obésité. Sachant que les hypocrétines jouent un rôle dans la régulation de l'appétit, cette constatation est compatible avec un dysfonctionnement des circuits des hypocrétines dans la maladie migraineuse.

De nouvelles voies de recherche

On pourrait donc tenter de corriger ces dysfonctionnements et espérer interférer ainsi favorablement avec les formes concernées de migraine. Des antagonistes des récepteurs de l'hypocrétine sont en cours de développement et apportent un réel espoir.

Dr Rachid Benabdillah
D'après un article de Anne Donnet (Hôpital de La Timone, Marseille)


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