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News publiée le 19/02/2010

-, diffu-sciences

Quand le coeur ne suit plus

L’insuffisance cardiaque est un trouble grave qui doit être pris en charge le plus tôt possible. Malheureusement, trop de patients encore ne consultent leur médecin que quand l’affection en est à un stade avancé.

L’insuffisance cardiaque est une affection dans laquelle le coeur ne peut plus subvenir aux besoins de l’organisme, pour toutes sortes de raisons possibles. Il ne fait plus circuler suffisamment le sang vers les organes, soit au cours d’un effort qui accroît leurs besoins en oxygène, soit déjà au repos, ce qui est encore plus grave. Il y a souvent une autre maladie sous-jacente, comme un infarctus ancien ou récent, une atteinte du muscle cardiaque suite à une infection, une maladie endocrinienne, …

Trop souvent trop tard

La personne atteinte d’insuffisance cardiaque ressent une courtesse d’haleine, se sent incapable de fournir des efforts d’un certain niveau (variable selon le degré de l’insuffisance cardiaque) et a les chevilles gonflées. Mais ce ne sont pas là des symptômes typiques : on peut les rencontrer aussi dans d’autres affections. C’est donc au médecin qu’il appartient d’apprécier la situation. De plus, ces symptômes s’installent le plus souvent de manière progressive et à cause de cela, le patient s’y habitue plus ou moins et ne consulte pas son médecin dès le début. La conséquence est que le diagnostic de l’insuffisance cardiaque est souvent tardif et que le traitement n’est entrepris qu’à un stade avancé de la maladie. C’est vraiment regrettable car il existe aujourd’hui des traitements efficaces et des modes de prise en charge, avec des adaptations des habitudes de vie, qui peuvent influencer de manière importante l’évolution et le pronostic de la maladie.

De précieuses données

En raison du manque de consultation précoce, on ne savait pas vraiment combien de personnes souffraient d’insuffisance cardiaque en Belgique. Or, c’est une affection qui peut causer le décès de la personne atteinte si elle n’est pas soignée à temps et dans de bonnes conditions. C’est pourquoi la Vrije Universiteit Brussel, sous l’égide du Pr Dirk Devroey et du Dr Viviane Van Casteren, a mis sur pied un registre avec l’aide des médecins généralistes. Le signalement de tous les cas ou d’un maximum d’entre eux a permis d’acquérir une grande quantité de données épidémiologiques et de suivre l’évolution de la maladie sur un nombre important de patients.

Les registres fournissent aussi des données épidémiologiques, précieuses pour les chercheurs ainsi que pour les responsables de santé publique qui doivent connaître ces informations pour établir les besoins de la population en matière de santé et fixer les priorités dans l’affectation des ressources.

Une catastrophe évitable

On a ainsi pu estimer qu’en Belgique, chaque année, 194 personnes sur 100.000 Belges adultes s’entendent dire qu’elles sont atteintes d’insuffisance cardiaque. Ela donne un total de 15.643 nouveaux cas par an ou 43 par jour. L’âge moyen au moment du diagnostic est de 79 ans mais si on tient compte du sexe, il est de 76 ans chez les hommes et … 82 ans chez les femmes. On distingue quatre niveau de gravité dans l’insuffisance cardiaque et il faut regretter que la moitié des patients soient déjà au niveau trois au moment du diagnostic et qu’un autre quart des patients soit au dernier niveau de gravité. Le résultat de ce diagnostic tardif est qu’au bout des six mois qui suivent l’identification de la maladie, un patient sur cinq est déjà décédé et qu’au bout d’un an, 26% des patients sont disparus. Avec les moyens thérapeutiques actuels, on peut faire beaucoup mieux, à condition de consulter son médecin dès les premiers signes.

La rédaction
Communiqué de presse de la VUB, 15 février 2010.


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