La News

News publiée le 10/11/2009

Girafe, animal..., diffu-sciences

Une vielle querelle trouve réponse partielle

Les gènes ne décident pas de tout. Ils peuvent être influencés par le milieu

Il a existé pendant longtemps en génétique une vielle querelle entre deux grands pionniers, Darwin et Lamarck. Pour le premier, les mutations apparaissaient par hasard et les organismes qui résultaient de ces mutations ne survivaient que s’ils étaient adaptés à leur milieu. Donc la girafe était le fruit de mutations mais elle a survécu parce que son long cou lui permettait d’aller chercher sa nourriture en hauteur, là où peu d’autres animaux pouvaient lui faire concurrence. Pour Lamarck, c’est le contraire : c’est parce qu’il a fallu que la girafe trouve sa nourriture en hauteur qu’elle a acquis un long cou.

Un peu des deux

Aujourd’hui, cette querelle est partiellement résolue et aucun des deux n’a complètement tort ni complètement raison. Les mutations apparaissent effectivement au hasard, sans que toutes les causes n’en soient nécessairement connues. Mais le milieu est capable de modifier la manière dont les gènes s’expriment. ces modifications et leurs conséquences sont appelées épigénétiques et de nombreux exemples de ce phénomène sont maintenant connus.

Une nouvelle pièce vient d’être versée au dossier de l’épigénétique. Des chercheurs de l’institut Max Planck de Munich ont montré qu’un stress enduré très tôt dans la vie peut influencer la santé physique et mentale à l’âge adulte. ils ont séparé de leur mère des souriceaux nouveau-nés pendant trois heures par jour au cours des dix premiers jours de leur vie. ils ont ensuite observé leur comportement et ont confirmé que ces animaux présentaient des modifications dans leurs comportements et dans le fonctionnement de leurs glandes par rapport à ceux qui n’avaient pas été soumis à ce stress de séparation. ce n’était pas vraiment une surprise car des expériences antérieures permettaient déjà de prédire ces changements.

Les gènes aussi

Par contre, en étudiant le génome des animaux stressés, les scientifiques ont aussi pu montrer des changements dans son fonctionnement au niveau de certaines zones du cerveau. il semble donc bien que ce stress précoce ait exercé une influence sur le mode de régulation de l’activité des gènes. Cette notion jette une lumière nouvelle sur des questions liées à l’éducation des enfants.

La Rédaction
Ask J. Early stress alters epigenome. The scientist 8 nov 2009
http://www.the-scientist.com/blog/display/56139/


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