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News publiée le 02/11/2009

Seringue, sida, traitement, diffu-sciences

Un petit pas contre le sida

Un candidat vaccin a été testé à grande échelle. Pour la première fois, on a des indices d’une probable efficacité. Mais des questions restent à résoudre.

Cela fait maintenant pas mal d’années qu’on tente de mettre au point un vaccin contre le sida. On n’y est toujours pas parvenu, malgré des recherches intensives. La difficulté majeure vient du fait que l’objectif d’un vaccin est d’apprendre à l’organisme à reconnaître un agent étranger et à le rejeter mais que le virus du sida change régulièrement de physionomie. Difficile, donc, d’apprendre à le reconnaître s’il change tout le temps de « visage ».

Moins trente pour cent

Un essai de vaccin contre le sida a eu lieu en Thaïlande  auprès de 16.000 volontaires. La moitié d’entre eux a reçu le vaccin à l’étude, l’autre moitié un placebo. Le vaccin comprenait six doses. Résultat : il y a eu 30% en moins de personnes infectées parmi celles qui ont reçu le vaccins que chez les volontaires qui ont eu un placebo. Dans le premier groupe, 51 personnes ont été contaminées, contre 73 dans l’autre. C’est assurément un premier succès et on peut s’en réjouir. Mais il est trop tôt pour chanter victoire. Comme l’on fait remarquer des commentateurs, il a fallu vacciner 8.000 personnes pour en protéger 23. C’est un gros effort pour un maigre résultat. Par ailleurs, personne ne peut dire si la période d’observation après vaccination a été suffisamment longue pour que le vaccin puisse être considéré comme réellement efficace. Il n’est pas dit que quelques mois après la fin de la période de suivi, voire quelques années, des contaminations ne soient pas possibles chez les personnes vaccinées. Autrement dit, une autre manière de poser la question est de se demander combien de temps une protection est assurée par ce vaccin, si tant est qu’il en apporte réellement une.

Continuer l’analyse

Enfin, il serait utile d’examiner de très près les cas des individus qui ont été protégés et de voir si quelque chose les différentie de ceux qui ne l’on pas été. On pourrait sans doute tirer de cette analyse complémentaire des enseignements qui ouvrent des pistes de recherche mieux ciblées que ce qu’on a pu faire jusqu’à présent. Par exemple, il semble bien que ce nouveau candidat vaccin apporte plus rapidement une protection que les vaccins utilisés dans des tentatives précédentes. Ou encore, cette protection semble meilleure chez les personnes à risque faible ou modéré que chez les personnes à haut risque. il faudrait pouvoir confirmer ces données et comprendre pourquoi il en est ainsi. Bref, c’est un pas appréciable mais ce n’est pas encore la solution.

La Rédaction
New England Journal of Medicine (www.nejm.org October 20, 2009)
DOI : 10.1056/NEJMoa0908492


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