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News publiée le 08/09/2008

Pollen, allergie, rhume, diffu-sciences

Dispersion des pollens: vers un changement des programmes

Le changement climatique en cours est en train de modifier la chronologie et la géographie des pollinisations. Et avec elles, l'épidémiologie des allergies.

Les conditions climatiques, notamment la température, les précipitations et l'humidité, l'ensoleillement, etc. conditionnent l'installation de telle ou telle plante en un lieu donné. Mais à côté des facteurs climatiques, d'autres paramètres encore déterminent le taux de pollen dans l'air, notamment la physiologie propre à chaque espèce végétale et son impact. Ce dernier, en écologie, est en fait la déviation des dynamiques naturelles d'évolution, aboutissant à des modifications de l'état d'un système. Les pollens de graminées, du bouleau, du noisetier, de l'aulne, du frêne et de l'armoise sont responsables de la majorité des allergies. Dans un climat relativement frais (dans les Alpes par exemple), le noisetier et le frêne ne prospèrent guère et l'armoise se fait plus discrète. En Belgique, les deux principales espèces responsables de problèmes allergiques, appartiennent à la famille des bétulacées : ce sont le noisetier et le bouleau. Les premiers grains de pollen capté par le réseau de surveillance belge proviennent du noisetier.

Quant au bouleau, il fleurit en avril - mai et ses chatons mâles libèrent d'énormes quantités de grains de pollen allergisant.

Quand la température est plus basse, les plantes produisent en général moins de pollen et la saison pollinique est beaucoup plus courte. Etant donné que la croissance des plantes dépend fortement de la température, la question se pose de l'influence des changements climatiques sur l'évolution des allergies. Ainsi, l'abondance des grains de pollen libérés dans l'air dépend fortement du type d'hiver. Or, justement, les changements climatiques à prévoir promettent dans nos régions des hivers plus doux mais plus humides, ainsi que des étés plus chauds mais plus secs. Ces conditions météorologiques favoriseraient des saisons polliniques plus précoces et plus longues, sans compter que l'augmentation de la quantité de CO2 dans l'atmosphère amène les végétaux à produire davantage de pollen. Les saisons polliniques risquent donc bien d'être non seulement plus précoces et plus longues, mais aussi plus intenses. On constate depuis quelques années une modification dans le calendrier de floraison de plusieurs milliers d'espèces végétales observées en collection. Certaines plantes avancent leur floraison tandis que d'autres la retardent. L'ambroisie a été étudiée en France à ce point de vue. Il s'agit d'une plante à feuille composée, originaire d'Amérique du Nord et introduite involontairement en Europe, notamment en France et en Belgique. Son pollen est allergisant. Les chercheurs français ont constaté que si la date de démarrage de la pollinisation de cette plante n'a pas significativement changé entre 1987 et 2004, le nombre de jours à risque allergique moyen à élevé, a augmenté.

Dr Rachid Benabdillah
D'après la communication de Mme Monique Detandt (ISSP) au symposium « Changements climatiques et santé » organisé à Bruxelles le 7 avril 2008 par le Service Fédéral de la Politique Scientifique
Gehrig Bichsel R (Office fédéral de météorologie et de climatologie - MétéoSuisse). Les plantes et le climat.
http://www.ahaswiss.ch/infos-sur-les-allergies/allergie-au-polle/plantes-et-climat
Site en français. Consulté en avril 2008
Thibaudon M. et al. Bioclimatologie et allergie. Rev Française Allerg Immunol Clin 2005 ; 45 : 447-55.


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