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News publiée le 10/03/2009

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Parkinson et toxicomanie: un lien?

Dans certains cas, une toxicomanie peut apparaître pendant le traitement de patients souffrant de maladie de Parkinson. Une étude menée au Canada fournit des enseignements précieux sur le fondement neurologique de ce phénomène.

La toxicomanie est un problème complexe de santé et de société qui peut détruire des vies et nuire à la communauté. Elle altère gravement des aires du cerveau impliquées dans le contrôle des décisions, de l’apprentissage, de la mémoire et du comportement. Pour apprendre comment contrôler ou gérer le trouble, il est nécessaire de comprendre les mécanismes biologiques sous-jacents. La dopamine est un neurotransmetteur, ou médiateur chimique dans le cerveau, qui intervient dans des processus contrôlant le mouvement, les réactions émotionnelles et la capacité à connaître le plaisir, les satisfactions et la douleur. Les parkinsoniens manquent de dopamine et sont souvent traités avec des agonistes de cette molécule : des médicaments qui imitent l’action de la dopamine.

Comprendre la toxicomanie

Des chercheurs canadiens et anglais se sont penchés sur la maladie de Parkinson pour étudier la toxicomanie. Bien qu’en apparence très différents, les deux troubles ont en commun le rôle que joue la dopamine et le fait que les systèmes du cerveau qui sont concernés soient en partie les mêmes. On croit souvent que la maladie de Parkinson n’affecte que le mouvement mais elle s’accompagne aussi de symptômes cognitifs et comportementaux que l’on reconnaît maintenant comme une source majeure d’incapacité. Chez les Parkinsoniens traités avec des agonistes de dopamine, on constate une incidence du jeu pathologique aussi élevée que 8 %, comparativement à moins de 1 % dans la population générale. Chez ceux qui développent des troubles toxicomaniaques, les données ont montré que les problèmes ont commencé peu après le début d’un traitement de type dopaminergique et ont cessé après l’arrêt du traitement. Il a été trouvé qu’ajuster la posologie et la combinaison de médicaments résorbait les symptômes toxicomaniaques, tout en maintenant le même bienfait sur le plan moteur. Le phénomène de toxicomanie induit par les médicaments dopaminergiques lève aussi le voile sur la vulnérabilité de la population générale. Tout le monde n’est pas vulnérable de la même manière et il semble maintenant que la propension à devenir toxicomane soit en partie héréditaire. Nombre des gènes incriminés dans les toxicomanies semblent affecter le taux de dopamine dans le cerveau.

Découverte importante

Comprendre la fonction du cerveau qui entraîne la pharmacodépendance pourrait aider au développement de médicaments destinés à freiner les comportements comme l’appétence toxicomaniaque et la dépendance aux drogues chez la population générale, ainsi qu’à améliorer le traitement de la maladie de Parkinson.

La Rédaction
D’après un communiqué de presse du Centre universitaire McGill (Canada, 25 février 2009) : La maladie de Parkinson livre des enseignements sur la toxicomanie.
http://www.cusm.ca/media/news/item/?item_id=104759
Site bilingue FR/ANG. Consulté en mars 2009.


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