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News publiée le 29/12/2008

psychiatrie, diffu-sciences

La recherche en psychiatrie

La recherche en psychiatrie couvre de nombreux domaines dans lesquels les différents chercheurs s’emploient à explorer de plus en plus loin le fonctionnement du système nerveux central… quand ils ne recherchent pas des fonds.

Dépression, maniaco-dépression, schizophrénie… Les maladies psychiatriques sont de mieux en mieux connues, et pour cause: les chercheurs ne chôment pas! Les nouvelles connaissances acquises sur le fonctionnement du système nerveux central permettent quelquefois d’envisager de nouvelles formes de traitement médicamenteux, qui font à leur tour l’objet d’une recherche afin de tester leur efficacité.

L’apport de l’imagerie

La recherche clinique concerne de nombreux domaines différents, comme par exemple la génétique. On a en effet remarqué que certaines maladies psychiatriques (schizophrénie, maniaco-dépression…) se retrouvaient plus souvent dans certaines familles, ce qui suggère des bases génétiques. Des recherches sont menées pour tenter d’isoler les gènes responsables. Un autre domaine, l’imagerie cérébrale, fait actuellement l’objet d’investigations afin d’identifier certains composants biologiques à l’origine d’anomalies du fonctionnement du système nerveux central, chez des patients présentant certaines maladies psychiatriques comme la schizophrénie, la maniaco-dépression ou des troubles obsessionnels compulsifs. Le sommeil fait également l’objet de différentes études qui se penchent plus particulièrement sur la neurophysiologie du sommeil dans différentes maladies psychiatriques telles que la dépression. Le mécanisme d’action de médicaments tels qu’antidépresseurs ou neuroleptiques est un autre des sujets étudiés. La neuropsychologie a récemment ouvert un nouveau domaine d’investigation qui consiste en la recherche de caractéristiques qui permettraient de mieux identifier certaines maladies psychiatriques. Cette recherche se pratique à l’aide de l’imagerie cérébrale, qui identifie les zones du cerveau habituellement activées lors de la perception de certaines émotions. Une comparaison est établie entre des sujets ayant un problème psychiatrique et des sujets contrôle afin d’identifier d’éventuelles différences au niveau de la perception de certaines émotions, qui pourrait être perturbée en cas de maladie psychiatrique.

Données épidémiologiques en psychiatrie

Une autre grande aire de recherche en psychiatrie est le rassemblement de données épidémiologiques afin de mieux cerner la prévalence des maladies psychiatriques. Ces dernières s’avèrent plus fréquentes qu’on ne le croit. Dans la population générale, 10% des individus souffrent au moins une fois dans leur vie de dépression majeure, 1 à 2% de schizophrénie, 3 à 4% de maniaco-dépression et 10 à 15% de troubles anxieux. En outre, pour évaluer l’impact de différentes maladies sur la vie d’un patient, on va maintenant plus loin que la notion de prévalence. L’OMS parle du fardeau des maladies, et de la formule DALY (Disability Adjusted Life Years) qui comprend plusieurs paramètres et calcule le nombre d’années de vie en moins liées à une maladie. Il en ressort que le fardeau lié aux maladies psychiatriques a pu être objectivé et que ces dernières ont plus de poids que ce que l’on ne croyait. Elles figurent en effet dans le top 10 des maladies les plus invalidantes. Rien ne permet cependant de dire que les maladies psychiatriques sont en augmentation. Il est possible qu’on les détecte mieux ou encore qu’elles s’expriment plus ouvertement, mais c’est juste une hypothèse.

Recherche fondamentale

La recherche fondamentale fait la part belle à l’étude des mécanismes d’action des médicaments. On cerne de mieux en mieux les sites d’action de différents médicaments ainsi que leur effet sur l’expression de certains gènes, qui peut être stimulée ou inhibée en présence du médicament. La recherche fondamentale comporte également une part d’investigations génétiques. En effet, pour certaines maladies psychiatriques on suspecte que l’expression de certains gènes est perturbée et que cela serait inscrit dans le patrimoine génétique de l’individu. Cela expliquerait des anomalies dans le fonctionnement du système nerveux, responsables des symptômes psychiatriques. Un autre champ d’activité majeur de la recherche fondamentale en psychiatrie est l’étude de modèles animaux. Les rats sont souvent utilisés pour établir des modèles animaux de dépression, d’anxiété ou encore de stress. De plus, on teste sur animaux l’effet de certains médicaments afin d’acquérir plus de connaissances sur leur mécanisme d’action. Et malgré tut cela, il y a encore du chemin à faire pour maîtriser toutes ces affections qui provoquent bien du mal-être et des malheurs.

La Rédaction
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